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La politique énergétique du Maroc mise sur le charbon

Bien que la stratégie du ministre de l'Energie évoque des pistes comme le nucléaire, le gaz naturel ou encore le schiste bitumineux, seul le charbon constitue une piste sérieuse.

Amina Benkhadra est sur le sentier de la guerre. Après la présentation de la nouvelle stratégie énergétique à l'horizon 2030, la ministre de l'Energie et des mines passe à l'acte. Elle vient de présenter, lundi 21 juillet, son plan d'action avec son organigramme de comités, commissions et cellules de travail. Pour faire simple, il en ressort deux choses concrètes : le charbon et l'efficacité énergétique.

En effet, contrairement à la littérature ambiante, le Maroc n'a d'autres alternatives sérieuses que le charbon, comme combustible,
et la gestion efficace du réseau de production existant. L'option du nucléaire, du schiste bitumineux ou du gaz naturel «demeure une pure spéculation» intellectuelle. La critique vient de spécialistes de l'énergie qui estiment que Benkhadra a raison de miser sur le charbon. Des interrogations sérieuses plombent les autres pistes. Le nucléaire a besoin de volonté politique qui a du mal à s'afficher au Maroc. Le dossier a fait du chemin depuis plus de deux ans et le site sensé abrité la première centrale marocaine a été identifié au sud de Safi. Il reste à lancer les appels d'offres pour le choix du partenaire technologique. «Mais il faut d'abord définir la puissance car le constructeur, qui sera en même temps exploitant, doit avoir la garantie de rentabiliser des investissements qui dépassent les 20 milliards de DH», expliquent nos spécialistes. Pour le gaz, le problème est plus complexe. L'option du gaz comme combustible pour la production d'électricité est sérieuse au niveau mondial. Il n'en demeure pas moins que, pour un pays non producteur de gaz, la construction de centrales coûteuses s'avère un risque financier en l'absence de la sécurisation de l'approvisionnement. D'ailleurs, lors de la présentation de la stratégie au roi, Benkhadra a pris soin de préciser les préalables à l'utilisation du gaz. La sécurisation de l'approvisionnement figurait dans les conditions principales de mise en œuvre. Or, la sécurisation passe par des accords sur le long terme avec l'Algérie. Chose qui n'est pas encore réalisée pour l'instant. Donc, hormis la centrale de Beni Mathar, dont la mise en service totale est prévue pour avril 2010, aucune centrale à gaz n'est envisageable à moyen terme.

Quant aux schistes, en l'absence d'une technologie avérée, cette piste demeure un fantasme. La seule stratégie possible est celle se basant sur le charbon. Benkhadra a d'ailleurs précisé dans son plan d'action qu'il faut activer la réalisation de la centrale à charbon de Safi (2.660 MW). L'autre mesure concerne l'extension de la centrale de Jorf Lasfar qui peut accueillir deux autres turbines. A noter que la société exploitante de ce site avait, en février 2006, présenté un projet à Driss Jettou, alors Premier ministre, pour un projet d'extension de Jlес. Le projet a été jugé coûteux.

Augmentation de la capacité

Le plan d'action de Benkhadra mise sur les réalisations de I'ONE. Aussi, le plan national d'action prioritaire pour la période 2008-2010 table sur l'augmentation de la capacité de production de l'électricité de 1.068 MW. L'essentiel de cette production émane des centrales à charbon de Jorf Lihoudi (Safi) et JLec.

Le reste sera produit à partie de 2009 à Tanger, Mohammadia, Beni Mathar... L'autre mesure prioritaire s'attache au renforcement de l'interconnexion électrique avec l'Espagne et l'Algérie.

Un grand pas a déjà été entamé à cette fin avec le voisin de l'est. Le plan d'action prévoit également de découpler le turbinage dans les barrages et les décisions de tours d'eau, en installant
des bassins de rétention chez les agriculteurs pour la technique du goutte-à-goutte.

A cela s'ajoute l'installation dans tous les postes sources des distributeurs des batteries de condensateurs, pour réduire les pertes dans les lignes.
Et enfin, il faut rapprocher les durées de révision des chaudières (70 jours) des standards internationaux (30-40 jours).

Khalid Tritki
Source: Le Soir Echos

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