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France: Deux enfants d'origine maghrébine interpellés à la sortie de l'école

Deux cousins de 6 et 10 ans, soupçonnés de vol de vélos, ont été interpellés mardi à la sortie de leur école de Floirac (Gironde) et emmenés au commissariat, provoquant l'indignation de la mère de l'aîné et l'annonce d'une enquête interne par le ministère de l'Intérieur.

La police a agi sur requête d'une mère de famille qui avait déposé plainte pour vol et qui a pensé reconnaître ses vélos -l'un dérobé la veille, l'autre disparu depuis deux ans- aux mains des deux garçonnets, a précisé jeudi lors à la presse le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP), Albert Doutre.

Les enfants ont été interpellés "très judicieusement un peu à l'écart du groupe scolaire" après la fin de la classe, avant d'être conduits "sans menottes ni rudoiement" au commissariat situé à proximité, où leurs mères les ont ensuite rejoints, afin d'établir leur identité et d'être auditionnés, a-t-il précisé.

Deux équipages et six agents de police ont été mobilisés pour emmener au poste de police les garçonnets, la plaignante, ses deux enfants et les bicyclettes.

Aïcha Ouachin, la mère de l'aîné, a déclaré avoir été prévenue de l'interpellation de son fils par des enseignants et a affirmé à l'AFP qu'il avait passé "environ 45 minutes" au commissariat avant son arrivée, quand le DDSP évoque un délai de "5 minutes".

"Les mineurs ont été entendus (respectivement) une heure trente et deux heures" et un compte-rendu a été fait "à deux substituts du procureur", a précisé M. Doutre, qui "assume de bout en bout" cette intervention menée avec "tact et discernement".

Le ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a toutefois demandé au directeur général de la police nationale l'ouverture d'une enquête interne.

Au terme de l'audition, il s'est avéré que le plus jeune des mis en cause avait effectivement "emprunté", selon ses dires, le vélo disparu la veille, alors que "l'enquête se poursuit" pour déterminer à qui appartient le second, a précisé le responsable policier.

"La dame a porté plainte. Il n'y pas de souci: elle vient me voir, ou la police vient à la maison, et moi, je leur fournis la preuve que c'est mon vélo", a réagi Aïcha Ouachin, qui se dit "choquée" par la procédure.

Que les policiers "aillent voir le directeur (de l'école), qu'ils demandent les coordonnées du gamin et qu'ils viennent à la maison, ou qu'ils nous convoquent", a admis Mme Ouachin, mais là, "je suis choquée qu'ils viennent chercher des gamins à la sortie de l'école devant tous leurs camarades".

"Les enfants de l'école pensent que mon fils est allé en prison" et que "c'est un voleur", a-t-elle poursuivi.

La municipalité a également critiqué le mode opératoire: "Il y avait d'autres moyens d'agir" pour entendre "ces gamins qui n'ont jamais fait parler d'eux", a notamment estimé Jean-Jacques Puyobrau, adjoint au maire de Floirac.

"Je conteste la forme, pas le fond", a-t-il ajouté, avant de regretter une intervention "qui participe à stigmatiser la ville", située dans la banlieue de Bordeaux.

Aymed Korbosli, secrétaire régional de l'Unsa-police-le-syndicat-unique, a quant à lui affirmé que la responsabilité de ce type d'interventions incombait à sa hiérarchie qui exige "de la quantité, pas de la qualité", au "manque d'effectifs" et "à la religion du chiffre et des statistiques".

Dans un communiqué, le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a qualifié d'"inacceptable" cette "arrestation".

Source: AFP

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